La Chine.
Qu'on se le dise, le Président n'a "pas accepté ce qui s'est passé au Tibet". Tout contrit, il révèla : "J'ai
été choqué, je l'ai dit aux dirigeants chinois". Admettons quand même que de la part d'un commercial, c'est d'un courage inouï.
C'est ensuite que cela se gâta. Etourdi de sa folle audace et de l'outrecuidance de ses propos, le Président, pour se rattraper, se mit en tête de faire l'apologie de l'action de la
Chine sur la scène internationale. Sous prétexte que celle-ci serait la seule à être écoutée du régime de Karthoum, le Président en déduisit que "la Chine aide le monde dans la
crise du Darfour" (sic) !!! Délirant.
Pour faire bonne mesure, "la Chine aide [aussi] le monde dans la crise iranienne". Avec le résultat que l'on sait. Pour le prochain prix Nobel de la paix, le responsable chinois
des affaires étrangères semble tout indiqué.
La France se doit de créer les conditions d'un dialogue entre la Chine (qui aide le monde) et la clique du dalaï-lama. L'initiative de B. Delanoë (dalaï-lama reconnu comme citoyen d'honneur
de la ville de Paris) n'inspira au Président qu'un mépris navré n'appelant pas d'autre commentaire.
L'Europe.
Il n'en a guère été question. Par contre de la Turquie... Pourtant, la Turquie n'est pas en Europe ! Le journaliste avança timidement : "si,
une petite partie". A quoi le Président rétorqua : certes, "une petite partie, d'ailleurs la plus jolie !"... Sympa !
Déchaîné, notre Président en rajouta une couche sur le fait que ce n'est pas la même chose de faire entrer en Europe nos amis Suisses que la Turquie. Sous-entendu...
L'ambassadeur ottoman a sûrement apprécié à sa juste valeur cette fine analyse géostratégique... Une telle hostilité, gratuite qui plus est, laisse pantois. Econduire avec
délicatesse, manifestement, ce n'est pas le style de la maison. De la part du fils spirituel de l'étrangleur ottoman (E. Balladur), on pouvait légitimement s'attendre à plus de
distinction dans le coup de grâce.
L'Afghanistan.
Bon d'abord, on ne discute pas avec les talibans, ces "moyenâgeux". Burqa contre bikini, le Président a vite choisi. De plus, on aurait rien
à se dire, car nous, on envoie les petites filles à l'école et on ne lapide pas "les femmes prétendument adultères". Un ange passe.
Ceci-dit, ce n'est pas vraiment une guerre car nous sommes aux côtés des Afghans. Enfin, ceux qui ne sont pas talibans... On ne peut pas laisser les talibans revenir et offrir une
telle victoire à Al Qaïda. N'oublions pas que tout près, le Pakistan a la bombinette. Enflammé, il s'écria :"Est-ce qu'on se couche?"
Pour résumer : si on ne soutient pas la guerre en Afghanistan, "c'est pas la peine d'attaquer la flamme olympique et la petite athlète" (chinoise, handicapée)... Un peu
facile, mais pas mal vu.
Le Hamas et l'Iran.
On ne discute pas non plus avec le Hamas et l'Iran, puisque l'un comme l'autre veulent rayer Israël de la carte. Soit.
Cependant, le Hamas représente une partie de la "rue palestinienne" et il faut envisager un Etat palestinien "moderne, démocratique et sûr". Viable sera oublié.
Ingrid B.
On le sait, le Président s'est engagé à libérer "cette femme qui vit un martyre". Grâce à Zorro, on a eu "la preuve de vie", "on a eu six
libérations...ils savent à qui ils le doivent..."
Incorrigible.
par versaint getorix
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Pour commencer, l'inévitable pouvoir d'achat.
Sur le prix du fioul, pas de problème, le Président se révéla très à l'aise. Il ne parlait que de ça, même lorsque la question portait sur le prix du gaz ! Effet comique garanti. Pourtant
il avait tenu à prévenir : "je ne fuirai aucune question". Certes, sauf celles dont il ne se souvenait pas avoir lu la fiche...
Peu importe ! Car au fond, "le problème de la France est qu'on ne travaille pas assez". Aussi : "depuis les 35 heures, il n'y a plus de négociations salariales dans les
entreprises". D'où, le paquet fiscal ("une erreur de communication totale"), le bouclier fiscal, une future loi sur l'intéressement des salariés, le RSA financé sur le dos de la
prime à l'emploi etc.
N'oublions pas que son rôle est de "gagner ce point de croissance qui nous manque". Ce qui n'est pas facile lorsqu'on dirige un pays dont le "budget est en déficit depuis 34
ans". Et de rappeler que le dernier budget voté en équilibre date de 1974... Coucou Bayrou !
Pour rappel, l'objectif de zéro déficit pour 2012 tiendrait toujours... C'est du sérieux?
Les questions de société.
L'immigration ouvre le bal. A l'impétrant Calvi qui lui demande s'il interviendra auprès des préfets pour examiner avec bienveillance les dossiers des sans-papiers avec travail
aujourd'hui en grève, le Président rétorque, indigné : "J'suis pas un Roi moi !".
Hein??? Passons. Ensuite, le Président se met à confondre naturalisation et autorisation de travailler. Consternation.
L'éducation prend le relais. Le Président soutient sans réserve Xavier Darcos ("un excellent ministre de l'éducation") et ne semble pas avoir grand chose à dire sur le sujet. Peu
inspiré, il reprend son leitmotiv ("les réformes permettront les réductions de postes" ) après nous avoir, dans un éclair de génie, lâché un scoop : "Je ne suis pas un
idéologue".
Sur les retraites, rien de bien neuf : 41 ans de cotisations et hop, un cancer !
Sur les OGM, le Président semble marcher sur des oeufs, ménageant la chèvre et le chou, beaucoup moins péremptoire que d'ordinaire.
Vient alors la question sur les spéculateurs. Peut-il nous en protéger?
Ben...non, mais il condamne les dérives, les agences de notation, le désastre de la Société Générale... Là, il en profite pour enfoncer le Bouton, ce Pdg qui a refusé de démissionner alors
même que le Président l'en priait. Pour résumer sa pensée : à salaire élevé, responsabilité itou.
Bref, la situation économique et sociale de la France n'est pas près de s'arranger, d'autant plus que le Président a de nouveau affirmé sa foi en la mondialisation...
Donc aucun espoir de voir celle-ci faire l'objet d'un débat. Pas de régulation, pas d'aménagements. Exit l'idée d'un développement raisonné et raisonnable des flux internationaux.
Le système déconne? Il se déglingue de jour en jour? Et alors? CONTINUONS !
par versaint getorix
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Hier soir, à la télé, le Président se devait de clôre en beauté son annus horribilis.
Soyons beau joueur et reconnaissons-lui une indéniable maestria télévisuelle. Sur la forme, sa prestation fut parfaitement réussie. A vrai dire, parmi le personnel politique, bien peu
sont capables de rivaliser avec le Président. Pour lui trouver des concurrents dignes de son talent, il faudrait plutôt chercher du côté des vendeurs d'électroménager, des agents immobiliers
voire des pourvoyeurs de crédits à taux variables... C'est dire la performance.
S'il en avait l'occasion, nul ne doute qu'il serait capable de fourguer des aspirateurs à un bédouin ! Des Rafale peut-être pas (ça traîne un tantinet cette affaire, non?), mais des aspirateurs,
assurément.
Il faut dire aussi, qu'il était bien aidé par la magesté des lieux. Le decorum était splendide, digne d'un souverain au faîte de sa gloire. Les plans larges et en profondeur ont fait honneur à la
France et à sa dette. Si un jour l'Elysée devait manquer d'argent, il sera toujours possible de louer les locaux pour le cinéma, activité connexe s'il en est.
Conscient que tout ce prestige et ces belles dorures pouvaient induire le bon peuple en erreur, le Président cru devoir nous rappeler un peu plus tard au cours de l'interview :
"J'suis pas un Roi moi !" ... Ha ! Ha ! Ha ! Sans blague?!
Comme prévu, l'entretien commença sur le ton du mea culpa et de l'humilité : "sans doute moi-même j'ai fait des erreurs". Puis, très vite, homo politicus prit le dessus. Lorsque
le gentil Pujadas le titilla sur sa manière de gouverner, son omniprésidence, son fameux "choc de croissance", le mea culpa s'évanouit au profit de l'imparable argumentaire du
"quadruple choc" :
.prix du baril de pétrole multilié par deux
..crise d'un capitalisme financier "qui marche sur la tête"
...envolée de l'euro
....envolée des matières premières
Voilà le vrai coupable. Pourtant, malgré cette conjoncture toute vouée à sa perte, il a quand même réussi à faire descendre le taux de chômage à 7,5% ! Hi ! Hi ! Vu comment c'est calculé...
Enfin, il n'a pas osé nous sortir le taux d'inflation selon l'Insee. C'est déjà ça.
Lorsque PPDA lui a demandé s'il avait changé, s'il n'avait pas pris un peu de temps pour endosser les habits de Président de la République, ledit titulaire s'embrouilla et répondit en citant
le Puntland et la prise d'otages des pirates !
Ceux qui ont compris le rapport peuvent laisser un message...
par versaint getorix
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Selon Le Canard enchaîné du 02.04.08, les collaborateurs du Président auraient inscrit leur patron sur les listes du huitième arrondissement de Paris....en
retard !
Alors qu'elle aurait du intervenir avant le 31 décembre, l'inscription n'aurait eu lieu que le 3 ou 4 janvier...sous la forme d'un document antidaté !
Antidaté...antidaté...au fond, ce n'est pas si grave. Tant que ce n'est pas anti-Dati, on peut raisonnablement penser que la Justice, magnanime, saura se montrer bonne
fille...
Sources : Le Canard enchaîné et lemonde.fr
du 02.04.08.
Le 24.03.08 à
13h, l'Elysée publiait un communiqué sur le message envoyé au Président
de la dictature chinoise, Hu Jintao : "Le Président de la République appelle à la retenue et à la fin des violences par le dialogue au Tibet".
Le soir même, sur son blog, A. Juppé ironise : "Et qu'entendons-nous dans la bouche des responsables occidentaux, politiques ou diplomates, de Washington ou
New-York à Bruxelles en passant par à peu près toutes les capitales européennes? Un appel à 'la retenue'.
En somme, nous demandons au pouvoir de Pékin de 'tuer avec retenue'! "
Un peu plus loin, le maire de Bordeaux s'interroge : "...je me demande ce que j'aurais dit si j'avais été investi d'une responsabilité nationale. Je suis ébranlé quand je vois
l'allant que certains mettent aujourd'hui à pratiquer cette 'realpolitik' qu'ils fustigeaient tant hier."
Ensuite, l'ex-Premier ministre, héroïque, feint de se torturer :
"Aurais-je cédé, moi aussi, au 'bon sens'?
Je n'en sais rien. Il faut donc faire preuve d'humilité.
Mais les Tibétains meurent."
Sur le modèle de l'ouverture de la majorité, Alain le Humble nous propose un nouveau concept : l'ouverture de l'opposition...
Sources : nouvelobs.com, elysee.fr et le blog al1jup.com du 24.03.08
PS : piqué au vif, le Président Sarkozy a évoqué aujourd'hui, à Tarbes, l'hypothèse d'un boycott de la cérémonie d'ouverture.
Pour un boycott des Jeux proprement dits, le seuil de victimes à atteindre n'a toujours pas été précisé...
par versaint getorix
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